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    A l’automne, les feuilles des arbres prennent

    de riches teintes d’or, de pourpre et de violet ;

    Le soleil pare les nuages de couleurs plus splendides ;

    Les forêts exhalent une odeur enivrante ;

    et les feuilles qui tombent,

    et commencent à joncher les sentiers,

     avertissent que tout va disparaître,

     que tout va mourir,

     et invitent à contempler,

     avec plus d’attention et de recueillement,

     ces splendeurs qui vont s’effacer.

     Alors tous les sentiments prennent

     une teinte de douce mélancolie,

     l’amour s’empare du cœur

    avec une puissance jusque-là inconnue.

     
    Alphonse Karr’

     

     


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    Le chat noir

    Un fantôme est encor comme un lieu
    où ton regard se heurte contre un son ;
    mais contre ce pelage noir
    ton regard le plus fort est dissous :

    Ainsi un fou furieux, au paroxysme
    de sa rage, trépigne dans le noir
    et soudain, dans le capitonnage sourd
    de sa cellule, cesse et s'apaise.

    Tous les regards qui jamais l’atteignirent,
    il semble en lui les recéler
    pour en frémir, menaçant, mortifié,
    et avec eux dormir.

    Mais soudain, dressé vif, éveillé,
    il tourne son visage dans le tien :
    et tu retrouves à l’improviste

    ton regard dans les boules d'ambre
    jaunes de ses yeux : enclos
    comme un insecte fossilisé.

     

    'Rainer Maria Rilke'

     

     

     

     

    Toutes mes amitiés !

    Je passerai vous voir ultérieurement.

     


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    Un instant, regardons,

    Un moment, écoutons ;

    Le vent a chuchoté,

     Le vent a murmuré ;

    Prends vite tes crayons,

     A cet arbre qui bouge,

     Donne des feuilles rouges.

     A cet arbre qui tousse,

     Donne des feuilles rousses.

     A cet arbre qui dort,

     Donne des feuilles d'or.

     Cet arbre est dans la lune,

    Pour lui, des feuilles brunes.

     Voilà, c'est terminé...

     Le vent est enchanté !

     

    Poème d’enfants’

     

     

     

     

     


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    Sois le bienvenu, rouge Automne,
    Accours dans ton riche appareil,
     Embrase le coteau vermeil
     Que la vigne pare et festonne.

     

    Père, tu rempliras la tonne
    Qui nous verse le doux sommeil ;
    Sois le bienvenu, rouge Automne,
     Accours dans ton riche appareil.

      

    Déjà la Nymphe qui s’étonne,
     Blanche de la nuque à l’orteil,
     Rit aux chants ivres de soleil
     Que le gai vendangeur entonne.

     

    Sois le bienvenu, rouge Automne.

     

     

     Théodore de Banville’

     

     

    L'Automne

     

     

     


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    Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,

    Étendre ses désirs comme un profond feuillage,

    Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,

    La sève universelle affluer dans ses mains !

     

    Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,

    Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,

    Et goûter chaudement la joie et la douleur

    Qui font une buée humaine dans l'espace !

     

    Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang

    Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.

    - S'élever au réel et pencher au mystère,

    Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.

     

    Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,

    Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau,

    Et comme l'aube claire appuyée au coteau

    Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...

     

    Anna de Noailles’

     

     

     


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